Il fit franchir les Alpes à son peuple. L'Italie ne fut plus jamais la même.
Né en Pannonie dans les années 530 · mort à Vérone le 28 juin 572
Fils d'Audoin, de la maison des Gausi, Alboin hérite d'un peuple installé en Pannonie et d'une guerre non terminée contre les Gépides. Il règne environ douze ans. En ce temps-là, il déplace définitivement le centre de gravité des Lombards, de la plaine danubienne vers la péninsule italienne.

Le départ n'est pas une fuite, c'est un échange négocié. Alboin cède la Pannonie au khagan avar Bayan par traité : les Avars prennent le pays, s'engagent à soutenir militairement les Lombards en Italie, et leur laissent deux cents ans pour revenir réclamer leurs terres si l'entreprise échoue. Alboin part avec ses arrières couverts.
L'Italie byzantine sort d'une guerre gothique de vingt ans, de la peste et du départ de Narsès. Alboin entre par le Frioul, prend Vérone, puis Milan en 569.
Une seule ville tient : Pavie. Elle cède après trois années de siège, en 572, et devient la capitale du royaume.
Fils du roi Audoin et de Rodelinde. Année exacte inconnue.
Succède à son père. Les Lombards occupent la Pannonie et le Norique.
Alliance avec les Avars, victoire décisive, mort du roi Cunimund. Alboin épouse sa fille Rosamonde.
La Pannonie est cédée aux Avars par traité. Franchissement des Alpes juliennes avec une coalition de peuples, femmes et troupeaux compris. Le Frioul devient le premier duché lombard.
La principale ville du nord tombe sans combat. Début du siège de Pavie.
Pavie cède après trois ans. Alboin s'installe à Vérone, dans le palais bâti par Théodoric.
Tué dans sa propre chambre, à Vérone. Le complot associe Rosamonde, son frère de lait Helmichis, et probablement Byzance.

Paul Diacre raconte qu'au cours d'un banquet à Vérone, Alboin fit boire sa femme dans une coupe taillée dans le crâne de Cunimund, son père, en l'invitant à boire joyeusement avec lui. L'humiliation aurait décidé Rosamonde à le faire tuer.
La scène a nourri des tragédies, des opéras et une quantité de tableaux. Elle est aussi la raison pour laquelle Alboin est resté un nom connu.
À prendre avec prudence. Paul Diacre écrit son Historia Langobardorum à la fin du VIIIe siècle, plus de deux cents ans après les faits. Le témoignage le plus proche, la chronique de Marius d'Avenches rédigée une dizaine d'années après le meurtre, mentionne le complot et la complicité de la reine, mais pas la coupe. Grégoire de Tours, lui, parle d'un empoisonnement.

Le royaume lombard fondé par cette invasion survit à son fondateur de deux cents ans. Il tombe en 774 devant Charlemagne, qui prend pour lui le titre de roi des Lombards.
La Lombardie porte encore le nom du peuple qu'Alboin a conduit là. Cividale, Brescia, Spolète et Bénévent conservent ses traces bâties.